Volunteer Spotlight: Guy Feugap

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Each month, we share the stories of World BEYOND War volunteers around the world. Want to volunteer with World BEYOND War? Email greta@worldbeyondwar.org.

Location: Yaoundé, Cameroon

How did you get involved with anti-war activism and World BEYOND War (WBW)?
My anti-war activism stems primarily from my natural drive for peace around me. Those close to me are used to presenting me as someone who is peaceful, who does not annoy and who thinks of a non-violent solution to any kind of disagreement. This perception of me has over time strengthened my ability to mediate in the event of disputes. I remember when I was 7 or 8 years old, I would speak up to stop my parents’ quarrels. Later, when I became aware of the role I was playing at home in helping to restore calm, I understood that my community would need me.

The security situation in Cameroon then required me to act at my community level, joining forces with other peace activists against the conflicts that until today continue to wipe out many families. Between 2008 and 2012, I lived and worked in the North of Cameroon in a very friendly way with the community. With colleagues and friends, we would cross the border to spend time with brothers and sisters in neighboring villages in Nigeria. But from one day to the other, this communion and happiness disappeared because of the war, with people forced to flee their villages, bury their relatives, distrust each other, etc. The same happiness has left the populations of the English-speaking regions. It is a painful experience to witness the destruction of the lives of people who want nothing but to live. This is how we find ourselves multiplying ideas so that at least one person’s life is saved through our efforts. With the Women’s International League for Peace and Freedom (WILPF), I have contributed to interrogating the root causes of conflicts in order to mitigate their impacts and prevent new ones. The opportunity to go even further came in 2020 with the contact I had with World BEYOND War. It is now all about shaping, through education, different people who oppose war and want to protect the environment in which they live. These people include children, young people and adults in power positions.

What kinds of volunteer activities do you help with?
I’m the Chapter Coordinator for World BEYOND War in Cameroon. Peace campaigns, community meetings, and networking with various actors are some examples of activities I am involved in. In recent years with the rise of tribalism and hatred in Cameroon, these activities have contributed to awareness and education. I have trained several young people who are engaged in peace activism and whose way of living today is an example for the community. I have also been active in writing, to educate young people with a particular focus on girls. I wrote Le Comble et l’agonie du mal (2011) and Señoratou (2013), which put girls at the heart of crisis resolution, awareness raising on several issues in their communities such as HIV-AIDS, girls’ education, and early and forced marriages. In 2019, together with four other young writers, I co-authored Fronteras, balas y lágrimas – Poemario por la paz y la libertad, which is a call to end killings in Cameroon.

What’s your top recommendation for someone who wants to get involved with WBW?
To someone who wants to get involved in WBW, I would first ask him to believe that war can be ended, and then to act with the available means to prevent war in his environment. Ending war does not only mean stopping the international transfer of weapons, it also means showing the 3 year old that he does not need violence to get something.

What keeps you inspired to advocate for change?
I have very little children whom I wish to see grow up in a world without weapons. Children lose their lives in conflicts when they have done nothing to anyone. Because of this, we feel obliged to continue to advocate until the day comes when a parent sends his or her child to school and is sure that he or she will not be kidnapped or killed, because nothing can explain the massacre of children as we have seen in Ngarbuh or Kumba, for example. We must continue to advocate until the language of peace is the only one we can know.

How has the coronavirus pandemic impacted your activism?
The coronavirus pandemic has slowed down the work of activists who were once closer to the communities. Sensitization campaigns and community meetings on peace education can no longer be organized in a formal way, and our main targets are not ready to participate in online activities, because electricity and internet are still luxuries in Cameroon. The experience in working from the local to the global has often contributed to a better consideration of the voices of the marginalized in decisions at the national and international level. With Covid-19, it became almost impossible to travel internationally, where we used to have the opportunity to share our experiences at the local level, making connections for more effective advocacy.

Posted March 13, 2021.

Lieu : Yaoundé – Cameroun

– Comment vous êtes-vous impliqué dans l’activisme contre la guerre et dans World BEYOND War (WBW) ?

Mon activisme contre la guerre résulte d’abord de mon tempérament naturel de vouloir la paix autour de moi. Mes proches ont l’habitude de me présenter comme quelqu’un qui est pacifique, qui ne dérange pas et qui à chaque situation conflictuelle pense à une solution non violente. Cette perception de moi a au fil du temps renforcé ma capacité à faire la médiation en cas de différends. Je me souviens que quand j’avais 7 ou 8 ans, je prenais la parole pour mettre fin aux disputes de mes parents. Plus tard quand j’ai eu conscience du rôle que je jouais à la maison en contribuant à ramener le calme, j’ai compris que ma communauté aurait besoin de moi.

La situation sécuritaire du Cameroun a ensuite imposé d’agir à mon petit niveau, en m’associant à d’autres activistes de la paix contre les conflits qui jusqu’aujourd’hui continuent de décimer de nombreuses familles. Entre 2008 et 2012, j’ai vécu et travaillé au Nord du Cameroun, en toute convivialité avec la communauté. Avec des collègues et amis, nous traversions la frontière pour passer du temps avec les frères et sœurs dans les villages voisins du Nigéria. Mais du jour au lendemain, cette communion et joie de vivre ont disparu à cause de la guerre, avec des gens obligés de fuir leurs villages, enterrer leurs proches, se méfier les uns des autres, etc. La même joie de vivre a quitté les populations des régions anglophones. C’est un supplice d’être témoin de la destruction de la vie personnes qui ne demandent rien d’autre que de vivre. C’est ainsi qu’on se retrouve à multiplier des idées pour que la vie d’au moins une personne soit sauvée grâce à nos efforts. Avec la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté (WILPF), j’ai contribué à interroger les causes profondes des conflits afin de mitiger leurs impacts et prévenir de nouveaux conflits. L’opportunité d’aller encore plus loin est venue en 2020 avec le contact que j’ai eu avec World Beyond War. Il s’agit désormais de façonner à travers l’éducation, des personnes différentes, qui s’opposent à la guerre et protègent le milieu dans lequel ils vivent. Parmi ces personnes il y a aussi bien des enfants, des jeunes que des adultes avec des positions de pouvoir.

– À quels types d’activités bénévoles participez-vous ?

Je suis le Coordonnateur la branche camerounaise de World BEYOND War. Les campagnes de paix, les réunions communautaires, le réseautage avec divers acteurs sont quelques exemples d’activités auxquelles je participe. Ces dernières années avec la montée du tribalisme et la haine au Cameroun, ces activités ont contribué à la sensibilisation et à l’éducation. Aussi, j’ai formé plusieurs jeunes qui s’engagés dans l’activisme pour la paix et dont la façon de vivre seule aujourd’hui est un exemple pour la communauté.

J’ai également été actif dans la création littéraire, pour éduquer les jeunes avec un accent particulier sur les filles. J’ai écrit Le Comble et l’agonie du mal (2011) et Señoratou (2013) qui mettent les filles au cœur de la résolution des crises, de la sensibilisation de leurs communautés sur plusieurs problématiques telles que le VIH-sida, l’éducation des filles, les mariages précoces et forcés, etc. En 2019, avec quatre autres jeunes écrivains, j’ai coécrit Fronteras, balas y lágrimas – Poemario por la paz y la libertad, qui est un appel à la fin des meurtres au Cameroun.

– Quelle est votre meilleure recommandation pour quelqu’un qui veut s’impliquer dans WBW ?

A quelqu’un qui veut s’impliquer dans WBW, je lui demanderais d’abord de croire que l’on peut mettre fin à la guerre, et ensuite d’agir avec les moyens dont il dispose pour empêcher la guerre dans son environnent. Mettre fin à la guerre ne signifie pas seulement arrêter les transfert internationaux d’armes, c’est en même temps montrer à l’enfant de 3 ans qu’on a pas besoin de violence pour obtenir quelque chose.

– Qu’est-ce qui vous pousse à continuer à militer pour le changement ?

J’ai de tout petits enfants que je souhaite voir grandir dans un monde sans nucléaires, sans armes. Des enfants perdent la vie dans les conflits alors qu’ils n’ont rien fait à personne. Du coup, on se sent dans l’obligation de continuer à militer, jusqu’à ce que le jour vienne où un parent enverra son enfant à l’école et être sûr qu’il n’y sera pas kidnappé ou tué, car rien ne peux donner un sens au massacre des enfants tel que nous l’avons vu par exemple à Ngarbuh ou à Kumba. Il faut continuer à militer jusqu’à ce que le langage de la paix soit le seul qu’on puisse connaître.

– Quel impact la pandémie de coronavirus a-t-elle eu sur votre activisme ?

La pandémie du corona virus est venue freiner l’action des activistes autrefois plus proches des communautés. Les compagnes de sensibilisation et réunions communautaires sur l’éducation à la paix ne peuvent plus être organisées en bonne et due forme, et nos principales cibles ne sont pas prêtes à participer aux activités en ligne, encore qu’au Cameroun l’électricité et l’internet sont encore des luxes. L’expérience dans l’approche de travail du local au global a souvent contribué à mieux prendre en compte les voix des laissés pour compte dans les décisions au niveau national et international. Avec la Covid-19, il est devenu presque impossible de voyager à l’international, où nous avions l’occasion de partager nos expériences au niveau local, établir des connexions pour un plaider plus efficace.

Ubicación: Yaundé, Camerún

¿Cómo se involucró en el activismo contra la guerra y en World BEYOND War (WBW)?

Mi activismo contra la guerra se debe principalmente al impulso natural de paz que me acorrala. Los cercanos a mí están acostumbrados a presentarme como alguien pacífico, que no aburre y que ante cualquier tipo de desacuerdo piensa en un medio no violento para remediar. Esta percepción de mí ha reforzado con el tiempo mi capacidad para mediar en caso de altercaciones. Recuerdo que, de niño, a los 7 u 8 años, ya tomaba la palabra para detener las peleas de mis padres. Más tarde, cuando fui consciente del papel que desempeñaba en casa para ayudar a restablecer la calma, comprendí que mi comunidad me necesitaría.

La situación de la seguridad en Camerún me obligó entonces a actuar a nivel de mi comunidad, uniendo fuerzas con otros activistas por la paz contra los conflictos que hasta hoy siguen acabando con muchas familias. Entre 2008 y 2012, viví y trabajé en el norte de Camerún, muy amistosamente con la comunidad. Con colegas y amigos, cruzábamos la frontera para pasar tiempo con hermanos y hermanas en las aldeas vecinas de Nigeria. Pero de un día para otro, esta comunión y esta felicidad desaparecieron a causa de la guerra, ya que la gente se vio obligada a huir de sus pueblos, a enterrar a sus familiares, a desconfiar unos de otros, etc. La misma felicidad abandonó las poblaciones de las regiones anglófonas. Es una experiencia dolorosa asistir a la destrucción de las vidas de personas que no quieren otra cosa que vivir. Así es como nos hallamos multiplicando ideas para que gracias a nuestros esfuerzos al menos la vida de una persona se salve. Con la Liga Internacional de Mujeres por la Paz y la Libertad (WILPF), he contribuido a interrogar las causas profundas de los conflictos para mitigar sus impactos y prevenir otros nuevos. La oportunidad de ir aún más lejos se presentó en 2020 con el contacto que tuve con World BEYOND War. Ahora se trata de moldear a través de la educación, a personas distintas que se opongan a la guerra y quieran proteger el entorno en el que viven. Entre estas personas hay niños, jóvenes y adultos en posiciones de poder.

¿En qué tipo de actividades de voluntariado ayuda?

Soy el coordinador de World BEYOND War en Camerún. Las campañas por la paz, las reuniones comunitarias y la interconexión con diversos actores son algunos ejemplos de las actividades en las que participo. En los últimos años, con la acentuación del tribalismo y del odio en Camerún, estas actividades han contribuido a la concienciación y la educación. También he formado a unos cuantos jóvenes que se dedican al activismo por la paz y cuya forma de vivir hoy es ya de por sí un ejemplo para la comunidad.

También me he dedicado a escribir, para educar a los jóvenes con un enfoque particular en las chicas. Escribí Le Comble et l’agonie du mal (2011) y Señoratou (2013) que colocan a las chicas en el centro de la resolución de crisis, de la sensibilización acerca de varios asuntos en sus comunidades tales como el VIH-SIDA, la educación de las niñas, los matrimonios precoces y forzados, etc. En 2019, junto con otros cuatro jóvenes escritores, fui coautor de Fronteras, balas y lágrimas – Poemario por la paz y la libertad, que es un llamamiento para acabar con los asesinatos en Camerún.

¿Cuál es su principal recomendación para alguien que quiera implicarse en WBW?

A alguien que quiera implicarse en WBW, le pediría en primer lugar que crea que se puede acabar con la guerra, y luego que actúe con los medios de los que dispone para evitar la guerra en su entorno. Acabar con la guerra no sólo significa detener el comercio internacional de armas, también significa mostrar al niño de 3 años que no necesita la violencia para conseguir algo.

¿Qué le inspira a seguir defendiendo el cambio?

Tengo hijos muy pequeños a los que ansío ver crecer en un mundo sin armas. Los niños pierden la vida en conflictos cuando no le han hecho nada a nadie. Por eso nos sentimos obligados a seguir luchando hasta que llegue el día en que un padre envíe a su hijo a la escuela y tenga la seguridad de que no será secuestrado o asesinado, porque nada puede explicar la masacre de niños como vimos en Ngarbuh o Kumba, por ejemplo. Debemos seguir abogando hasta que el lenguaje de la paz sea el único que podamos conocer.

¿Cómo ha afectado la pandemia de coronavirus a su activismo?

La pandemia de coronavirus ha frenado el trabajo de los activistas que antes estaban más cerca de las comunidades. Las campañas de sensibilización y las reuniones comunitarias sobre la educación por la paz ya no pueden organizarse de manera formal, y nuestros principales destinatarios no están dispuestos a participar en actividades en línea, ya que la electricidad e Internet siguen siendo lujos en Camerún. La experiencia de trabajar de lo local a lo global ha contribuido a menudo a que se tengan más en cuenta las voces de los marginados en las decisiones a nivel nacional e internacional. Con Covid-19, se hizo casi imposible viajar a nivel internacional, donde solíamos tener la oportunidad de compartir nuestras experiencias locales y establecer conexiones para una defensa más poderosa.

One Comment

  1. NGUIMEZAP Z. YANNICK says:

    Très édifiant

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