Climat : une victime des guerres à soigner par la COP27

Un soldat américain monte la garde en mars 2003 à côté d'un puits de pétrole dans les champs de pétrole de Rumayla incendiés par le retrait des troupes irakiennes. (Photo de Mario Tama / Getty Images)
Un soldat américain monte la garde en mars 2003 à côté d'un puits de pétrole dans les champs de pétrole de Rumayla incendiés par le retrait des troupes irakiennes. (Photo de Mario Tama / Getty Images)

Par Solange Lyhuitekong, Secrétaire exécutive au Cameroun pour une World BEYOND War, Novembre 16, 2022

Les États, les groupes politiques, communautaires ou régionaux sont constamment engagés dans des conflits qui deviennent facilement armés, aidés par l'expansion de l'industrie de l'armement. Lorsque nous parlons de victimes de la guerre, nous nous référons généralement instinctivement aux êtres humains morts, violés ou déplacés, ainsi qu'au bétail. Pourtant, le climat est une victime silencieuse et négligée des conflits armés. Cela donne un sens à la « Journée internationale pour la prévention de l'exploitation de l'environnement dans les guerres et les conflits ». Le changement climatique est victime de la guerre. C'est un diagnostic qui doit aider à l'action lors de la 27e Conférence des Parties des Nations Unies sur les changements climatiques (COP27) qui se déroule à Charm el-Cheikh, en Égypte, pour s'attaquer à la cause profonde de la guerre.

Le Cameroun fait face à des guerres depuis une décennie, suite au terrorisme de Boko Haram dans l'Extrême-Nord puis aux revendications des séparatistes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Depuis le début, il est facile de compter le nombre de personnes tuées, de villages incendiés, de bétail détruit, d'activité humaine ralentie, etc. On n'a pas remarqué que l'environnement souffre en silence, sous le poids de la guerre qui l'accable. La forêt, le sol, l'air, l'eau et l'assainissement ont été détruits. En dix ans de conflit armé, le bilan climatique est catastrophique avec un impact sur la santé mentale des populations, qui n'ont plus vraiment de contrôle sur le climat de leur région. La surpopulation des villes voisines des zones de conflit due au déplacement massif de personnes fuyant la guerre contribue aux changements climatiques. La dégradation et l'appauvrissement rapides des sols causés par les équipements et les vestiges militaires ont provoqué la raréfaction des denrées alimentaires sur les marchés.

En dix ans de guerre, les Camerounais assistent à la façon dont les guerres détruisent la planète depuis des siècles, car les changements climatiques observés sont le résultat d'un système mondial totalement dysfonctionnel. La guerre n'est pas la seule cause, mais elle apparaît comme la cause humaine la plus honteuse, car la guerre n'est ni inévitable, ni nécessaire, ni bénéfique, ni justifiée. Ce sont les mythes que notre organisation Word Beyond War, un mouvement mondial pour abolir l'institution de la guerre, s'efforce de démystifier.

La 27e Conférence mondiale sur le changement climatique porte l'espoir de croire que les Nations Unies et toutes les voix réunies à Charm el-Cheikh du 6 au 18 novembre ne resteront pas insensibles à la destruction de notre écosystème. Nous attendons avec impatience une action collective pour s'attaquer aux causes de la guerre et faire en sorte que l'humanité ne parle que le langage de la paix.

Le climat : une victime de guerre à soigner par la COP27

Les États, groupes politiques, communautaires ou régionaux se livrent sans cesse à des affrontements qui deviennent automatiquement armés, aidés par l'industrie florissante de l'armement. Parler de victimes de guerre est généralement désigné par instinct aux êtres humains décédés, violés ou déplacés, ainsi qu'aux animaux. Pourtant, le climat est une victime silencieuse et négligée des conflits armés. Ceci donne son sens à la « journée internationale pour la prévention de l'exploitation de l'environnement en temps de guerre et de conflit ». Le climat qui change est une victime de la guerre. Voici un diagnostic qui doit aider à l'action pendant la 27e conférence des parties sur le changement climatique des Nations unies (COP27) à Charm el-Cheikh en Égypte, à savoir attaquer cette cause profonde qui est la guerre.

Il y a une décennie déjà que le Cameroun fait face aux guerres, suite au terrorisme de Boko Haram à l'Extrême-Nord et ensuite aux demandes des séparatistes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Depuis le début, on dénombre facilement le nombre de personnes tuées, les villages brûlés, le bétail détruit, on constate le ralentissement de l'activité humaine, etc. Les forêts sont détruites, l'oxygène est réduit, la faune et la flore périssent . Mais on ne constate pas que les plantes meurent sans pousser un cri, l'environnement souffre en silence, sous le poids de la guerre qui l'accable. En dix ans de conflits armés, le bilan climatique est catastrophique : l'écosystème subit une destruction qui provoque la stérilité des sols, la pollution de l'environnement, avec des conséquences sur la santé mentale des populations, qui n'ont plus une maîtrise réelle sur le climat de leur région et même du pays. La destruction des forêts par les feux pendant les combats provoque la pollution, la température des sols, de l'air et de l'eau changent durablement. Le surpeuplement des grandes agglomérations voisines des régions en conflit du fait des déplacements massifs des personnes fuyant la guerre contribue à ces changements climatiques. La rareté des produits vivriers sur les marchés serait due à la dégradation rapide et à l'appauvrissement des sols provoqués par les équipements et restes militaires.

En dix ans de guerre, les camerounais ont pu voir comment les guerres détruisent le monde depuis des siècles, car les changements climatiques observés sont l'apanage d'un système mondial totalement déréglé. La guerre n'est pas l'unique cause, mais apparaît comme la cause humaine la plus honteuse, parce que la guerre n'est pas inévitable, elle n'est pas nécessaire, elle n'est pas bénéfique, elle n'est pas justifiée. Il s'agit là des mythes que Word Beyond War, un mouvement mondial visant à abolir l'institution de la guerre, travaille à déconstruire. La 27e conférence mondiale sur les changements climatiques donne à notre organisation l'opportunité de croire que les Nations unies et toutes les voix qui y sont réunies ne resteront pas indifférents face à la destruction de notre écosystème, mais agiront ensemble pour mettre fin aux guerres et faire en sorte que l'humanité ne parle que le langage de la paix.

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